Couper les cheveux d’une petite fille contre son gré : un traumatisme silencieux

On pourrait croire que ce n’est “que des cheveux”.

Qu’ils repoussent.

Que ce n’est pas grave.

Et pourtant.

Couper les cheveux d’une petite fille alors qu’elle ne le veut pas peut laisser une empreinte profonde. Une blessure invisible, souvent minimisée, mais parfois déterminante dans la construction de l’estime de soi.

Les cheveux, dans l’enfance, ne sont pas qu’une question d’esthétique. Ils participent à l’identité. Ils touchent à l’image de soi, au regard des autres, au sentiment d’être fille si l’on se sent fille. Pour une petite fille qui rêve de cheveux longs, de tresses, de couettes, de barrettes, les couper contre son gré peut être vécu comme une dépossession.

Comme si on lui retirait quelque chose d’essentiel.

J’ai moi-même traversé cette expérience. Et au cabinet, j’entends souvent des phrases qui reviennent comme un écho :

« Tu es moche avec les cheveux longs. »
« Qu’est-ce que ça te va bien les cheveux courts. »
« On m’appelait jeune homme. »
« On me prenait pour un petit garçon. »

Pour un adulte, ces mots peuvent sembler anodins. Pour un enfant, ils peuvent créer une confusion intérieure. Suis-je comme je devrais être ? Suis-je aimée telle que je suis ? Dois-je changer pour être acceptée ?

Une petite fille qui ne peut pas exprimer son désir peut intégrer inconsciemment que son ressenti ne compte pas. Que son corps ne lui appartient pas complètement. Que pour être aimée, elle doit correspondre à une image imposée.

Il est important de le dire clairement : la plupart des parents ne font pas cela pour faire du mal. Certains pensent bien faire. D’autres reproduisent ce qu’ils ont connu. Parfois la mère a les cheveux courts et souhaite inconsciemment que sa fille lui ressemble. Parfois c’est une question de mode, de praticité, d’esthétique. Dans certains cas plus rares, il peut aussi y avoir un rapport plus complexe à la féminité.

Mais l’intention n’efface pas toujours l’impact.

En thérapie, le but n’est pas de juger les parents. Il ne s’agit pas d’accuser. Il s’agit de comprendre. Un parent peut se tromper. Être aimant n’empêche pas de faire des erreurs. Être adulte ne signifie pas être infaillible. Ce qui compte, c’est de pouvoir reconnaître qu’un acte a pu avoir un effet plus profond que prévu.

Quand l’enfant vit cette coupe comme une atteinte à son identité, un système de défense peut se mettre en place. Elle apprend à s’adapter. À plaire. À ne pas déranger. À faire taire ses envies.

Ce que j’observe en accompagnement thérapeutique

Je reçois au cabinet de Soisy-sous-Montmorency, ainsi qu’en visio, des enfants, adolescents et adultes ayant vécu des expériences où leur corps, leur image ou leur identité n’ont pas toujours été respectés dans l’enfance, notamment autour de l’apparence et de la construction de l’image de soi. L’accompagnement permet de revisiter ces vécus en douceur, de comprendre leur impact sur la confiance en soi et l’estime de soi, et de retrouver progressivement une relation plus libre, plus apaisée et plus juste à soi-même.

Dans ce travail thérapeutique, il est fréquent d’observer des changements extérieurs visibles, notamment autour de la coupe de cheveux. Certaines personnes décident de laisser pousser leurs cheveux, d’autres changent complètement de style, de couleur ou de longueur. Ces transformations accompagnent souvent une transformation intérieure, une reprise de pouvoir sur son image et une réaffirmation progressive de son identité personnelle. La coupe de cheveux devient alors un marqueur symbolique de changement et de réappropriation de soi.

À l’âge adulte, cela peut se traduire par : un manque de confiance en soi, des complexes physiques, une difficulté à savoir ce que l’on aime vraiment, une impression de ne jamais être assez, une peur de déplaire, un sentiment de ne pas être légitime.

Ce qui s’est joué autour des cheveux était une question plus vaste : le droit d’être soi.

Bien sûr, toutes les coupes courtes ne sont pas traumatisantes. Certaines petites filles adorent les cheveux courts. Certaines choisissent elles-mêmes. La question n’est pas la longueur, mais le respect du désir.

Un enfant a besoin de sentir que son corps lui appartient, que ses goûts comptent, qu’il est aimé pour ce qu’il est.

Quand cette blessure n’a pas été entendue, elle peut influencer la manière de se présenter au monde, de se coiffer, de se positionner. Elle peut nourrir une hyper-vigilance ou un retrait.

La bonne nouvelle, c’est que cela se travaille. On peut redonner une voix à la petite fille intérieure et reconstruire une estime plus stable et libre.

Il ne s’agit pas de rejeter ses parents, mais de se réapproprier son histoire.

Si ce sujet résonne, il est possible d’y travailler en douceur.

Pour en savoir plus sur mon accompagnement ou pour prendre rendez-vous au cabinet ou en visio, vous pouvez me contacter.

Virginie Voraz – VieTerre-Happy


Lire les commentaires (0)

Soyez le premier à réagir

Ne sera pas publié

Envoyé !

Derniers articles

À la une
Pourquoi, comment ai-je découvert le rêve éveillé libre et qu’est-ce que ça m’a apporté

Pourquoi, comment ai-je découvert le rêve éveillé libre et qu’est-ce que ça m’a apporté

02 Août 2023

Dans ce premier article, je vais vous expliquer pourquoi et comment j’ai découvert le REL.
Je vous raconterai comment s’est passée ma première séance et ...

Libérez votre esprit et stoppez les ruminations mentales

Libérez votre esprit et stoppez les ruminations mentales

18 Mai 2026

Vous sentez parfois que vos pensées tournent en boucle, que votre esprit ne s’arrête jamais, et que vous ne pouvez pas profiter pleinement de l’instant prése...

Catégories